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L'atelier de couture

Pourquoi un atelier de couture ?

« Un marin, une couturière »

…Il fut un temps, pas si lointain, où les vêtements étaient confectionnés à la maison par les femmes , la couturière qui venaient à domicile ou par celles qui avaient pignon sur rue.

La confection industrielle côtoiera longtemps, du Second Empire jusqu’aux années soixante le travail des couturières, lingères et brodeuses. L’industrie cherchait alors à imiter la qualité du travail de ces femmes. La fin du XXè siècle abandonnera l’idée de qualité pour tous !

St Lô était un lieu de fabrication de tissus … et Granville, en tant que port recevait des marchandises « exotiques » propice au négoce et à la confection. Il existait même un "trafic" avec Jersey et l’Angleterre aux filatures réputées… après les années difficiles de la Révolution, puis les efforts de guerre de l’époque napoléonienne, la Restauration et le règne de Louis Philippe vont voir le développement de l’industrie textile et des progrès technologiques (mise au point de la machine à coudre par exemple, apparition des œillets métalliques pour les corsets en 1828).

Si le besoin d’un port pour la pêche était primordial, le négoce avait aussi ses attentes. On le sent dans les registres de délibérations du conseil municipal à propos de « l’entrepôt réel ». Le 20 janvier 1823, la municipalité d’alors rêve d’avoir un local car l’administration pourrait classer « le port de Granville dans le nombre de ceux susceptibles d’avoir un entrepôt réel pour recevoir les denrées coloniales ». Le conseil établit même le tarif des taxes proposées « comme à St Malo » ! On peut y voir les termes : « cuirs en poils, étoffes grossières de laine, toile de chanvre, crin, coton courte soie, toile écru ordinaire de lin et de coton, laines, chapeaux grossiers, coton longue soie, morfil, salsepareille, nankin, indigo coromandel, indigo bengale manille, caraque et guatimala, toileries fines de lin et de coton, draps et plumes diverses, pelleteries fines de prix, macis, cochenille, vanille et dentelles, chapeaux fins et demi-fins… ».

L’affaire de « l’entrepôt réel » traînera le long des pages des registres et mettra un certain temps avant d’aboutir. L’ingénieur des Ponts et Chaussées, Monsieur La Rue, aura le temps de soumettre son projet de port déposé en juillet 1838… Enquête d’utilité publique, manque d’argent… travaux… L’inauguration de la Jetée sud et du premier bassin à flots aura lieu en 1856. Mais dès 1857, la chambre de commerce et la municipalité demandent la création d’un second bassin à flots, le premier étant accaparé l’hiver par les morutiers ! Un certain Louis Jean Dior espère des chargements de guano du Pérou pour ses engrais de St Hilaire du Harcouët. Plusieurs de ses fils rêvent de s’installer à Granville. Sous le Second Empire le port connaît son apogée.

L’abondance de la production de tissus (coton en Amérique, filatures en Angleterre, soie à Lyon)

trouve des débouchés dans la mode « crinoline » de la bourgeoisie. Le costume « pittoresque » de Granville s’est fixé dans le choix du « capot » noir et blanc, la coiffe « bavolette » restera modeste à l’inverse des autres coiffes normandes ; la robe suivra la mode du temps. La bourgeoise granvillaise a alors les moyens d’avoir de belles tenues. L’influence des « amateurs parisiens » de bains de mer se fait sentir. Les registres de recensement des années 1861 et 1891 permettent de voir cette évolution, d'après le nombre de couturières répertoriées, pour la seconde moitié du XIXè siècle.

Joindre le tableau de la bavolette n° 7

L’apprentissage de la couture faisait partie de la formation d’une fillette et donc beaucoup de femmes avaient la possibilité de devenir couturières au cours de leur vie. En février 1863 nous retrouvons trace de cette industrie dans un registre de délibérations : « ouvriers sans travail… Un membre demande que le conseil municipal exprime à Monsieur le Préfet le désir, que la ville de Granville soit comprise dans la répartition des sommes qu’il aura à distribuer aux ouvriers sans travail, victimes de la crise cotonnière … » 1861-1864, années de la guerre de Sécession aux Etats-Unis : les balles de coton arrivent difficilement en Europe.

Ces ouvriers et ouvrières « textile » ont travaillé ici, sans faire de bruit, laissant que fort peu de traces…

Bibliographie : Médiathèque, Fond du Patrimoine

L’atelier couture de l’Association a conscience de perpétuer un art ancestral, couture et broderie, lors de ses réunions hebdomadaires. Cet art ancestral est menacé de disparaître ; mais le monde associatif permet de réunir des amateurs passionnés; «la voilure est réduite mais nous naviguons malgré le gros temps».

Les objets réalisés dans l’esprit de la revue Marie-Claire Idées, qui vous sont présentés et vendus, vont permettre la reconstitution de costumes, la restauration de tombes anciennes et de façon générale la réalisation des buts de l’Association.

Marché de Noël 2015